DAVID RAFFINI

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C'est aujourd'hui, ou plus précisément ce soir que je conçois de concevoir mon livre.
Ce dernier comme celui que je suis en train de lire, et que je ne finirais sans doute pas malgré tout l'intérêt que je luis porte et tant j'ai besoin de me le finir ; parlera peut être mieux de la faisabilité du livre, qu'il ne saura se livrer lui-même à une quelconque capacité d'être livre ; en ces genres de tournure de mots maladroitement emboités, comme des maux d'une prière recommencée.
Le premier mot par ailleurs, outre ces derniers qui ne doivent pas tant compter, qui me vient pour engager la réflexion sur le phénomène miroir de ma piètre existence, est opus.
L'opus embrasse le monde de ma réflexion vaseuse que par ici je tente de clarifier pour mieux pouvoir la boire ou bien la consommer sans risquer d'attraper une nouvelle fois la courante qui fera de mon slip la plus belle abstraction narrative de l'histoire renouvelée de mes pets foireux de peintre.
Ce qui m'intéresse dans l'opus mot c'est d'abord son étymologie en comparaison à sa destinée.
Peut être ne s'agit il pas plus d'un livre que d'un texte un peu plus long dans ce qu'il me semble prendre comme place dans mon disque dur.
Un texte, de pensées.
J'aime mieux cette formule, elle me semble plus appropriée à ma personne qui n'est pas écrivain au sens noble de celui qui peut représenter le jalon de l'écriture dans ce que je la définie.
Opus comme travail.
C'est un travail sur la vanité d'être artiste. Sur la conviction qui malgré ce qu'elle parait est bien plus souvent d'humilité que de prétention.
Où bien tout au plus elle prétendra bien mieux son humilité, son authenticité, sa vérité, sa noblesse d'être elle chez sois même, qu'elle n'ira chercher chez quelques autres sa justification.
Un travail sur la contradiction.
Une sorte de tentative de dresser le portrait d'une flaque d'eau qui ne s'appartient déjà pas, en jour de pluie.
Qu'il soit reticulatum, ou francigenium il est le travail, l'ouvrage, l'ouvre.
Il est plus intimement je crois cette sensation que par lui avec lui et en lui, l'être se forme, l'artiste émerge, la poésie est.
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Je me souviens.
Je me rappelle quelques temps derrière moi m'être fais la réflexion que la populace conditionnée avait mieux retenu Calvin ou Gérard plutôt que Yves malheureusement ai-je envie de dire vu cette jouissance que j'avais ressenti en le rencontrant pour la première fois.
C'était une de ces jouissances qui ne tâche de pureté que l'esprit, inaltérable, dans la mesure où j'étais désormais, après avoir pénétré son travail, convaincu que moi aussi je devais être libre.
Combien de pages suffiront à écrire un livre qui n'en est pas un.
Je suis sur que réunir toutes les conneries que l'on a essayé de me mettre en tête suffirait.
Qu'en est-il de ma pensée aujourd'hui.
Peut être vaut mieux il que je réunisse ces interrogations.
Peut être suffiront elles à semer les graines de guérison de ce qui m'investi d'indécisions.
Je dois dire que déjà je ne sais pas si je suis capable de faire ces récoltes, néanmoins j'ai cru comprendre que c'était en cela que résidait l'opus.
C'est effectivement il me semble, lorsque l'on cherche sa situation au monde.
Cela me rassure au point de me dire que je ne suis pas qu'en train de me divertir comme vous jusqu'à cette phrase.
Je travaille.
Et si désormais nous travaillons, essayons s'il vous plait de réfléchir sur le travail lui-même.
Je prendrais pour exemple mon expérience de la peinture, expérience qui se veut à la fois pratique, dans la mesure où j'ai des vêtements que j'ai taché, que j'aime l'odeur de l'huile et de la térébenthine, que j'aime celle du diluant cellulosique mais pas trop car cela me fait naître des migraines, et bla et bla et que j'ai avant toutes autres choses déjà commencé beaucoup de peintures même sur le même support.
J'en ai par ailleurs terminé ou épuisé quelques unes.
D'autre part, j'ai une expérience théorique de la peinture qui comme beaucoup d'autres m'ont permis d'avoir deux diplômes de pédigrée d'artiste mais au delà de ça je pense avoir affuté quelque peu une forme de désir inlassable face à toutes sortes de peintures nommée ou non comme telle.
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Aussi je relie ces phrases d'introduction et je me laisse penser que le plan est désormais dressé.
Ce que je conclu de l'introduction de ce livre c'est que j'ai envie d'éclaircir ma position sur le procédé du travail.
La formule est courte et semble intelligente.
Elle est un condensé ouvert de ce que jamais je ne pourrais mieux définir qu'en la laissant ouverte aux pensées.
Ce sera donc le titre de ce travail.
Un énoncé pour titre :

LE PROCEDE DU TRAVAIL
Ou « the working process »
C'est toujours mieux en anglais, et pour moi qui parle très mal cette langue, cela me donne une vocation à devenir une sorte d'artiste international comme je l'ai souvent entendu.
« david raffini » artiste international né à Bastia.
C'est aussi cela que l'on apprend en école.
Et pour preuve que l'étudiant que j'étais avait bien appris sa « lesson » j'avais nommé une de mes photographies «  the last travel at home ».
Cette photo présentait une vielle bmw 324 TD de 1988, que j'avais en quelque sorte sauvé de la compression en casse une première fois et que j'avais réparé.
En bon sculpteur, j'avais refais l'embrayage, changé le volant moteur et diverses autres pièces, en bon peintre, j'avais masqué les bugnes et repeint la voiture.
J'avais mis du cour, j'avais passé du temps, j'avais travaillé, j'étais enfin l'ouvrier d'un travail sur ma liberté.
C'était une pièce qui était aussi une voiture.
Elle marchait bien âpres tout ça.
Elle était belle.
Je profitais d'un voyage en Europe de l'Est pour la mener jusqu'à « Munchen » devant l'usine de laquelle elle était sortie afin de faire une photo de famille ; prétextant que c'était sans doute la dernière fois qu'elle voyait sa mère.
Je fis la photo, avant que l'ironie du sort se mêle de l'histoire et fasse crever quelques cinq cent kilomètres plus loin la voiture, dans un des non lieux de l'Italie du nord.
En rentrant a Nice, j'examinais le portrait photographique que j'avais fais et le nommais ainsi «  the last travel at home ».
Auriez-vous pu imaginer que cette photo se nomme « le dernier voyage à la maison ».

C'est aussi cela dont il s'agit, c'est cela dont je voudrais me parler par ici, enfin vous énoncer « car c'est vous qui faites ma gloire, car sans vous je ne suis qu'un homme comme les autres », comme le disait un mec d'Ajaccio.

LE PROCEDE DU TRAVAIL :
C'est à l'abbé Suger, que le roi français fit la demande en ce siècle de l'après « dark ages » nommé ainsi par nos historiens contemporains, de renouveler l'église est de transformer le lieu de l'ecclésia obscure, en lieu de la lumière.
« L'ascension de l'âme ne vient plus désormais de la prière, mais de la lumière elle-même .
Je veux un Dieu de lumière, un Amon Ra de la chrétienté dont le vaisseau sera amarré au sol, portant le soleil en son cour, pour mieux faire décoller les esprits, de la terre jusqu'au ciel ».
Ainsi en futil lorsque Suger accoucha de l'opus francigenium, plus connu sous le nom d'art gothique.
Là encore le terme était utilisé pour désigner un ordre de construction plus proche de l'architecture que de la peinture.
Peu en importe pour moi car ce qui m'intéresse c'est le mot lui-même qui désigne le travail.
Et finalement, ici comme ailleurs dans les temps et lieux, c'est le travail achevé qui est désigné comme opus, et non le travail de recherche et de réflexion.
Sur ce point particulièrement je voudrais développer un chapitre de réflexion une sorte de paragraphe ; comme il en est dans les livres, dans les bons livres.
Et comme dans les bons livres que je n ai que rarement fini de lire et non d'écrire sans qu'il n'en reste trace, je serais in fine guéri. Une nouvelle sorte d'opus qui me permettra de récupérer définitivement ma liberté du faire, d'en justifier par cet écrit prétextant si contradiction il y a que cette phrase avait même prévue qu'il puisse en être ainsi.
Je m'en justifierais, pour mieux que vous acceptiez le prix de la passe.




LE PROCEDE DU TRAVAIL :
CONSTRUCTION/DECONSTRUCTION/DESTRUCTION/ RECONSTITUTION

Je reprendrais un texte ancien que j'ai écri il y a quelques jours, pour réintroduire la réflexion :
« Il ya
D'abord un travail
Effectué selon des gestes
(J'avais ajouté «  simples » mais je me rétracte car aucun des gestes n'est simple dès lors qu'il est considéré comme geste dans la construction du travail)
agencés,
permettant de bâtir une base,
le corps initial du travail.
Son patrimoine même.
Puis l'analyse de ce résultat premier permet de le disséquer en gestes.
L'histoire initiale,
(C'est-à-dire ce que dit l'image initiale dans son intention narrative)
Est alors confrontée à l'Histoire, la grande Histoire
(Ce qui sous entends que rien ne pourrait désormais se passer sans que nous ne puissions en référer à un quelconque phénomène qui ait déjà eu lieu et dont l'homme a déjà témoigné dans une quelconque analyse. (Ceci faisant parti des castrations du dit savoir de culture, dont seule l'ignorance me sauvait intégralement ma scolarité)).
Et les gestes deviennent organes du travail,
(par exemple dans la dernière tentative de peinture que j'ai fait , je pars d'une forme de paysage, issue d'une photo que j'ai faite il y a x temps. Ce prétexte de travail me mène à la tentation de commencer par représenter ce paysage.
C'est beau, même ma belle mère qui à un oil plus juste que le mien, me le dis, dans une autre langue, ce qui fait que je ne le comprendrais qu'une fois que cela ne deviendra qu'autre que beau.
Et le paysage disparait progressivement pour laisser place à un pays tout entier, de guerre de gestes et d'indécision.
De telle sorte que je travaille tant et d'avantage à tenter de répondre à comment les plans pourraient devenir des zones de gestes et s'affirmer comme telle en terme de peinture).
Pour en même temps qu'ils le déconstruisent,
(ça ne ressemble plus a rien qu'à une mosaïque de gestes désormais)
Bâtissent la réflexion sur l'ouvre.
(Je comprends que je ne comprends plus rien et que ma peinture est mauvaise.
Seul l'apparition d'un phénomène de société, d'une pipe ou de ce qui serait énoncé comme n'en étant pas une pourrait me sauver, aux yeux de ceux qui aiment que des choix précis soient effectués, à la porté de ce qu'ils peuvent admettre comme pouvant exister, car ce sont eux qui font que nous puissions cesser d'être des hommes comme les autres.

Malgré tout je préfère ma mauvaise peinture dans son intention.
Je ne suis pas encore prêt pour le reste.
Le résultat initial s'effacera donc progressivement pour laisser place à un territoire de référence
(Puisque nous ne nous appartenons décidément même plus dans nôtre ignorance et que d'autres savent mieux d'où tout peux venir),
En un processus de déconstruction.
(Le terme lui-même s'il a été tant et maintes fois utilisé notamment depuis support surface, tente par ici de retrouver ce que ces quelques grands ont voulu exprimer avec la distance qui sied à ce que j'aurais pu comprendre).
Il s'agit aussi de s'interroger sur la surprise de ce que le travail lui-même peut imposer comme essentiel pour exister en tant que travail et non plus représentation.
(Léonard avait une technique de dessin et de peinture « pas trop mauvaise » en terme de représentation de ce que l'oil peut rapidement reconnaître, et pourtant je ne peut m'empêcher de croire qu'il s'agit  là d'un des premiers peintres conceptuels.
Il n'y a pas de frontière à la pensée que l'on soit bon ou mauvais technicien.
La peinture et l'art doit être ailleurs comme dans x-files.
Mais peindre techniquement de manière à être capable de représenter parfaitement un étendoir à linge, en justifiant de cet acte comme étant celui qui peut parler des conditions sociales de ceux chez qui cet étendoir à vêtements à été pris, ne doit pas être une entrave à la peinture et ne doit ni justifier ni abstraire le peintre.
Ce sont les qualités de l'ouvre globale que doit représenté l'artiste et qui doivent passer avant.
Néanmoins nous qui avons bien compris quels sont les codes faciles pour exister socialement en tant qu'artiste avons le choix de faire ce que nous décidons pour mener une carrière, ou faire de l'Art d'abord pour nous compléter nous même et travailler sur nôtre incompétence.
Les deux thermes ne sont pas antinomiques, n'en déplaise aux malins des vogues).
Il ne doit y avoir ni figuration, ni abstraction mais discussion de gestes associés qui créés l'ouvre.
(Je déteste les peintres qui figurent l'abstraction en disant qu'ils sont peintres abstraits, je les admire, et j'adore leur travail dans tout ce qui peut être inverse à ce qu'ils en disent et qui fait que je les admire).

Opéra. Opérer.

Disséquer les gestes puis suturer de ces derniers le travail lui-même.
(J'espère tenter de réfléchir à ce que j'ai fais pour faire ce que je ferrai en défaisant ce que j'avais fait premièrement par le résultat de la réflexion usée deuxièmement).
Puis suturer de ces derniers le travail lui-même.
Apparition du sens de la réflexion conjointe à la disparition du sens narratif premier, d'une éventuelle figuration
(Pour une narration sur le procédé).
Il ne doit pas s'agir non plus pour autant de figurer l'abstraction mais d'appréhender le travail comme réflexion sur le travail même et son cheminement de réflexion.
La narration qui réside alors est celle d'un parcours d'équations qui fait que l'oil sensible et conscient sera dirigé par les bases de construction et de géométrie dans le territoire du travail même, comme pour témoigner encore de l'histoire individuelle de chaque peintre, de chaque ouvre.
Chemin s'acheminant, le travailleur ou l'artiste s'effacera bientôt dans l'abime du travail pour proposer in fine un résultat scientifique sensible de sa réflexion.
(la tentative est celle d'épuiser le sujet, pour proposer une version reconstituée après destruction, ce qui revient à fouiller les racines même de la graine.
(Un livre donc sur une forme de contradiction renouvelée)).

Le tableau a un droit de liberté.
Il peut être beau, selon les préceptes du beau, érigés par les gens bien pensant, et sans que nous n'en aillons même conscience.
Il pourra de la même manière être pas beau, selon les mêmes préceptes du beau.
Mais il ne pourra pas s'affirmer comme existant sans être passé préalablement par un processus naturel érigé par la réflexion.
Et cette même réflexion doit exister sans se vouloir être démonstrative d'une quelconque forme d'intelligence supérieure à celui qui fait exister le travail par son observation analytique ou passive.
Car la finalité du travail ou de l'ouvre est d'exister.
Il ne doit plus y avoir alors aucun complexe par exemple de rapprocher un artiste père d'une époque, à un autre père d'une toute autre époque historique.

Il ne doit plus résider de complexe dans le choix du traitement d'un sujet ou d'un autre, du moment que cela devient une réelle recherche.
Car le sujet du travail est le travail lui-même.
Ainsi de quoi voudriez vous que parle la peinture a part de la Peinture.
Cela devra suffire à la faire s'affirmer dans l'abime.
Révélation ».
Un texte un peu savant un poil idiot ou incompréhensible, comme les pensées qui s'enchevêtrent et se bousculent en moi, chacune venant contrarier l'autre.
Néanmoins, lorsque j'ai confiance, il me semble oublier suffisamment les reflexes du bien penser pour mieux laisser place à une forme d'intuition qui dirige le travail.
A ce moment là seulement je ressens une forme de cohésion qui fait s'affirmer l'ouvrage jusqu'à une fin qui lui donne vie.
C'est cela dont je parlais tout à l'heure, ce moment ou j'eus finis quelques unes de ces peintures que je comprends suffisamment pour tenter par ici de vous les expliquer.
Je prends désormais pour exemple une série de peintures ouvertes que je nomme être des territoires de peinture.
Ce travail a débuté il y a quelques années en vérité mais je n'avais pas alors conscience qu'il s'agissait d'un travail réel, que je continu désormais.
Il consiste en la chose suivante.
Sur un support, plutôt neutre, souvent de ctbx, je fais l'expérience de la peinture.
Je tache, je macule, j'accumule des couches et des couches, j'efface souvent le geste précédent j'altère la peinture a grand coup de toute sorte de diluant et d'expériences qui déjà crée l'histoire de ce territoire en faisabilité.
Un bruit insupportable de questions muettes en découle, et je me retrouve dans une sensation après laquelle je cours ma vie durant.
Je suis perdu.
J'aime ce sentiment.
J'analyse le fruit du travail et n'y percevrait bientôt que certaines zones qui me parlent a la condition qu'elles ne soient pas obstruées par leur voisin qui lui, gueule pour rien.v Le choix que j'effectue alors est celui de privilégier un geste de recouvrement d'une sorte de monochrome (dont la qualité lisse ou magmatique est laissée à la confiance sur pièce) qui laissera cependant subsister les zones que j'avais remarquées et qui pourront exister désormais comme peinture.
Parfois, le geste est autre, il est archéologique en ce sens qu'il me permet de remonter les différente strates de Peinture.
Il est le geste inverse de celui de peindre.
Il dépeint.
Il sculpte la peinture et remonte l'histoire de cette dernière.
J'ai redécouvert ce geste qui fait désormais partie de mon vocabulaire, lorsque j'eus mon expérience de tôlier avec la voiture dont je parlais quelques lignes avant.
J'avais été fasciné par ce qu'il permettait naturellement comme possibilité de matières sans épaisseur.
Aussi je décidais donc de l'exploiter pour ces territoires.
J'obtenais des sortent de cartographies de paysages imaginaires qui m'offraient l'évasion, et l'immersion en un univers que je voulais souvent ne pas quitter tellement il est moins hypocrite que le visage que j'ai a croisé chaque matin lorsque je luis enlève ses comédons.
.... extrait du « procédé du travail. Déjection numéro 1



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